26 février 2018

La tresse et autres résumés

LA TRESSE

Un joli roman, lumineux et bien écrit , qui « tresse » les vies de trois femmes: Sarah Cohen aux USA, avocate d’un grand cabinet , carriériste et hyper-organisée ; Giulia Lanfredi à Palerme qui hérite de l’entreprise familiale au bord de la faillite ; Smita , une intouchable  de l’Andrha Pradesh en Inde qui veut sauver de la misère sordide sa fille ,Lolita

Trois destins totalement éloignés les uns des autres mais que la maladie, le hasard , la mondialisation vont « tresser » pour le plus grand plaisir du lecteur

LA VILLE DES TEMPÊTES

Roman historique, ce livre raconte une époque troublée de la vie de Marseille au XVI ième siècle.

Résistant au roi Henri IV, considéré comme un huguenot hérétique, Marseille s’est laissée imposer une dicature.

Charles de Cazaulx et le viguier Loys d’Aix , sous prétexte de défendre la foi catholique, ont mis la ville en coupe sombre, affamant et terrorisant le peuple

Parti pour se battre aux cotés des chevaliers de l’ordre de malte , Thibaut de Cervières , fils d’un riche négociant marseillais connait une vie riche d’aventures.

Il revient dans sa patrie et va s’associer aux conjurés qui veulent reconnaitre le roi Henri IV et débarrasser la ville de ses tyrans.

Ce livre est passionnant   pour qui s’intéresse à l’histoire de Marseille et à l’origine des noms de lieux et de rues de notre ville

LE CAMP DES AUTRES

Fin de l’hiver 1907

Un jeune garçon Gaspard s’enfuit de chez lui

Après plusieurs jours terribles passés à errer dans la foret lui et son chien sont recueillis par un homme étrange Jean le Blanc , un marginal au grand cœur Il accueille chez lui tous les déshérites  les rebelles les hors la loi : « le camp des autres » . Il fabrique des potions et approvisionne certains « clients » en particulier le « général » Capello , Fata , Sarah la bohémienne qui constituent la « caravane à Pépère »

Tenté par l’aventure Gaspard va les suivre.

Style original ,puissant, sensuel , imagé qui rappelle en de courts instants les audaces de Céline

 

L’ARBRE DU PAYS TORAJA

« L’arbre du pays Toraja, en Indonésie, qui donne son titre au roman de Philippe Claudel, est une sépulture.

Dans son large tronc creusé, on dépose les corps des très jeunes enfants qui viennent à mourir.

Puis « on ferme la tombe ligneuse par un entrelacs de branchages et de tissus. Au fil des ans, lentement, la chair de l’arbre se referme, gardant le corps de l’enfant dans son grand corps à lui, sous son écorce ressoudée. »

Le roman de Claudel est lui-même un tombeau, guère dissemblable au fond : entre ses pages souvent très sombres, dans la chair même du livre, l’écrivain a déposé les dépouilles de ceux qu’il a aimés, qui ne sont plus.

Si L’Arbre du pays Toraja est pourtant bien une fiction, le dispositif narratif est d’une grande simplicité, la métaphore pure et émouvante de l’arbre-­sépulture suffisant à donner au roman sa forme close — au coeur du livre, l’écrivain le définit ainsi : « un récit libre dans sa forme, dans son agencement et dans son déroulé ». Une méditation, donc, …. »

Nathalie Crom Télérama